Lundi 2 mai 2005 1 02 /05 /Mai /2005 00:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par marco - Publié dans : i-prefer-not-to
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Vendredi 29 avril 2005 5 29 /04 /Avr /2005 00:00

Un livre à lire absolument :  Poser me va si bien, par Aïcha Liviana Messina, P.O.L, sortie le 5 mai 2005

 

Lecture/signature le mercredi 11 mai 2005 à 19h à la Librairie Michèle Ignazi.

Librairie Michèle Ignazi

15-17 rue du Jouy

75004 Paris

Tel : 01 42 71 17 00

Fax : 01 42 71 47 12

Email : michele.ignazi@wanadoo.fr

Poser penser

« Je ne suis rien. Q’une émotion instable. Mais qui sait poser. » Doctorante en philosophie, Aïcha Messina pose nue depuis plusieurs années pour des artistes et des étudiants en art, de l’école Penninghen aux Beaux Arts. Les « notes » qu’elle en a tirées, aux confins de la théorie esthétique et de l’autobiographie philosophique, constituent pour les édition P.O.L une double première – ni l’art ni la théorie, sauf rares exceptions (dont l’œuvre de Jean-Louis Schefer), n’ayant trouvé jusqu’alors leur place au catalogue du grand éditeur littéraire. C’est qu’il s’agit ici, avant tout, d’écriture, et d’une expérience inédite : entrecroiser sans vergogne, sous la plume électrique (tantôt fulgurante tantôt télégraphique) de ce modèle-philosophe, les motifs de la pose, de la danse, du travail artistique et de l’énigme philosophique. « Comment tenir ? » s’inquiète le modèle. Sous les douleurs physiques et les poncifs pygmalionesques de la pose d’atelier, elle ouvre une véritable boîte de Pandore, tant les paradoxes qu’elle exhume plongent le lecteur dans un vertige théorique : il faut pouvoir bouger sans bouger, se libérer de l’immobilité par l’immobilité, découvrir la puissance de l’inertie, d’un sang « exposé », sans début ni fin, indifférence ni « innocence ». Plaisir même de la pose (une fois passé ce moment « effrayant » où l’on tombe le peignoir), la nudité du modèle n’est ni sexuelle ni commerciale, comme le répète l’auteure dans ses notes (…) « Le plus vivant de moi est ma pause », martèle Aïcha Liviana Messina, qu’obsède ainsi, contre « l’humanisme » et les quêtes de « sens », l’opération de désubjectivation à l’œuvre dans la pose : s ‘effacer à mesure que l’œuvre avance, savourer l’inexistence, se désidentifier tout en offrant à chaque œuvre (restée dans l’histoire après avoir « tué » son modèle) son unicité irréductible, sa chair propre. Avec sa discrétion « criante », le modèle est l’envers du Sujet : « ce qu’ils copient c’est la pose, ce n’est pas moi » (…)

Déployant dans la pensée les tensions de la pose, ou l’équivalent philosophique du croquis en art, ce journal à nul autre pareil revendique aussi la portée politique de son geste – politique de la « futilité », de la « précarité », de la « nonchalance » , éthique du corps exposé autour duquel, partout, « la mort est à l’œuvre ».

François Cusset, Livre Hebdo, 22 avril 2005

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